Palais du travail : le dossier

Palais du travail : le dossier

Palais du Travail : ce que disent objectivement les pièces de ce dossier

Chères narbonnaises, chers narbonnais,

Depuis plusieurs semaines, l’effondrement partiel du faux plafond de la piscine du Palais des Sports, des Arts et du Travail soulève beaucoup de questions.

Pour vous permettre de vous faire votre propre opinion, voici, pièce par pièce, ce que racontent les documents officiels et les publications municipales depuis 2014.

L’Indépendant – Effondrement du plafond de la piscine du Palais du Travail


1. 2014 — Un premier engagement de rénovation des équipements sportifs

Pièce 1 – Programme municipal de Jacques Bascou (mars 2014)

Page 6 du programme de l’époque annonce la mise en œuvre d’un vaste plan 2014-2020 de rénovation des équipements sportifs de proximité, avec une priorité donnée aux gymnases et aux équipements aquatiques.

Il est écrit noir sur blanc que la ville dispose de 94 équipements dont l’entretien a été négligé (dont le Palais des Sports, des Arts et du Travail).

Programme municipal Jacques Bascou – 2014

⇒ Dès 2014, le besoin de remise à niveau du patrimoine sportif, et notamment aquatique, est identifié.


2. 2020 — Narbonne en Commun met le Palais du Travail au cœur de son projet municipal

Pièce 2 – Programme de Narbonne en Commun (2020)

L’engagement est clair :

Réaliser un état des lieux complet du Palais des Sports, des Arts et du Travail. Programmer les investissements nécessaires à sa réhabilitation.

Programme Narbonne en Commun – 2020

⇒ Le Palais du Travail est reconnu comme un enjeu prioritaire de rénovation.


3. 2022 — un projet de rénovation de la piscine officiellement lancé

Pièce 3 – Décision du maire du 30 août 2022

Le maire de l’époque, feu Didier MOULY, prend une décision sollicitant des subventions pour la rénovation de la piscine du Palais du Travail pour un montant de 5 170 000 € HT (soit environ 6,2 M€ TTC)

Décision du maire – rénovation piscine – 2022

⇒ À ce stade, il existe donc un projet concret, chiffré, inscrit dans la programmation municipale.


4. 2023 — Une communication triomphale de la majorité municipale… et un accord de principe sur les travaux

Pièce 4.1 – Numéro spécial “Narbonne & Vous” (avril 2023) (étrangement il ne figure plus sur le site internet de la Ville)

La majorité publie un numéro spécial intitulé : « Objectif 2020-2023… 2026 ! » avec en couverture la fusée d’“Objectif Lune” de Tintin, façon « décollage » vers de grandes réalisations mais surtout sur “ Objectif “ Mars 2026 !

Narbonne & Vous – Avril 2023

Pièce 4.2 – Page 17 du même numéro

On y voit figurer les travaux de rénovation de la piscine du Palais du Travail, avec 6 millions d’euros investis annoncés !

Narbonne & Vous – Avril 2023 Page 17

Pièce 4.3 – Tribune de Narbonne en Commun dans ce même numéro Le groupe Narbonne En Commun dont je suis le porte-parole écrit alors :

Tribune Narbonne en Commun – 2023

La tribune alerte déjà sur la nécessité d’avoir un bassin provisoire lors du chantier.

⇒ En 2023, la rénovation de la piscine est annoncée officiellement, l’opposition qui est dans une démarche constructive soutient le principe des travaux mais demande une solution provisoire pour ne pas couper l’apprentissage de la natation pendant la fermeture de la piscine.


5. Janvier 2024 — le marché de travaux est officiellement arrêté

Pièce 5 – Décision du 15 janvier 2024

La nouvelle décision du maire déclare le marché de rénovation infructueux et l’abandonne, au motif que les offres reçues dépassent d’au moins 1 million d’euros les crédits budgétaires prévus.

Le marché est déclaré infructueux et abandonné, les offres dépassant d’au moins 1 million d’euros les crédits prévus.

Décision d’abandon du marché – janvier 2024

⇒ On passe donc de « 6 millions investis » dans la communication municipale à un projet stoppé, faute d’ajustement budgétaire ou de phasage des travaux.


6. Avril 2024 — le nouveau Maire par intérim qui a besoin d’accroître sa notoriété et qui rêve déjà d’un Méga-complexe sur le quartier Est, fait croire à l’assemblée des élus que tout ce qui est urgent va être fait concernant la piscine

Pièce 6 – Conseil municipal du 4 avril 2024 Lors de ce conseil, Nicolas Sainte-Cluque interpelle le maire :

Apparemment, dans la mesure où les offres excèdent d’un million d’euros les crédits budgétaires prévus pour ce marché, vous avez décidé de le déclarer infructueux et d’abandonner la procédure. Cela signifie-t-il que tout projet de rénovation de la piscine est abandonné jusqu’à la fin de ce mandat ?

Le maire répond en substance que :

  • il va se contenter dans un premier temps des urgences techniques (eau, air, acoustique, économies d’énergie) ;
  • et qu’il réfléchit, à moyen terme, à une nouvelle piscine dans le cadre d’une nouvelle programmation.

Conseil municipal – avril 2024

⇒ Concrètement, la rénovation globale du Palais du Travail est mise de côté, au profit d’un projet de nouveau complexe sportif ailleurs.


7. Avril 2025 — l’opposition alerte sur la dégradation du Palais du Travail

Pièce 7 – Tribune de Narbonne en Commun (avril 2025)

La tribune dénonce que :

Tribune Narbonne en Commun - 2025

Et propose :

Plutôt que de construire du neuf, préservons ce patrimoine vivant […].

⇒ Un an avant l’effondrement, l’opposition signale publiquement un risque de dégradation et le choix politique de privilégier un grand projet neuf plutôt que la rénovation de l’existant.


8. Novembre 2025 — Effondrement et débat sur la piscine provisoire

Après l’effondrement d’une partie du faux plafond de la piscine qui forte heureusement n’a pas fait de victimes, Nicolas Sainte-Cluque propose une piscine provisoire pour assurer la continuité de l’apprentissage de la natation et des activités, comme il l’avait fait avec son groupe au mois d’avril 2023 !

Pièce 8 – Article de L’Écho du Languedoc (20 novembre 2025) Le maire rejette cette proposition en affirmant que :

  • il existe des délais légaux incompressibles qui rendraient impossible une solution d’urgence de ce type ;
  • et que l’activité n’est pas « vitale », appelant à « retrouver son calme et son sérieux »

Article L’Écho du Languedoc – novembre 2025 Article L’Écho du Languedoc – novembre 2025

⇒ C’est là qu’apparaît clairement un désaccord de fond : pour certains, l’apprentissage de la natation dans une ville littorale est un enjeu de sécurité majeur ; pour le maire, ce ne serait pas prioritaire au point de justifier une solution d’urgence.


9. Décembre 2025 — les conclusions de l’expert judiciaire

Pièce 9 – Article de presse du 15 décembre 2025

L’article rapporte à la fois :

  • les propos du maire sur le rapport d’expertise ;
  • et ceux de Nicolas Sainte-Cluque, qui considère que le maire a été irresponsable de ne pas avoir pris les mesures nécessaires.

Le même article indique que, selon le rapport d’expertise judiciaire, des diagnostics réalisés en 2022-2023 mettaient déjà en évidence la dégradation de la dalle de béton de la toiture au-dessus de la piscine.

Expertise judiciaire – décembre 2025 Expertise judiciaire (2ème partie) – décembre 2025

Pièce 10 – Rapport d’expertise judiciaire du 27 novembre 2025 (page 7)

Cette page confirme que les signaux d’alerte techniques existaient dès 2022.

Rapport d’expertise judiciaire – page 7

⇒ Autrement dit, au moment où la procédure de marché est abandonnée en 2024, la Ville dispose déjà de diagnostics datant de 2022-2023 faisant apparaître une dégradation importante de l’ouvrage. Diagnostics qui n’ont à ce jour toujours pas été rendus publics !

Or que va faire le Maire, il va se contenter en août 2025 de changer le filet par un filet pour le moins très léger qui ne peut en aucun cas retenir le faux plafond en cas d’effondrement.


Ce que montre cette chronologie

En résumé, les documents officiels et les publications municipales racontent l’histoire suivante :

  • 2014–2020 : les besoins de rénovation du patrimoine sportif sont identifiés.
  • 2022–2023 : un projet de rénovation de la piscine du Palais du Travail est lancé, chiffré, subventionné et mis en avant dans la communication municipale.
  • 2024 : le marché est abandonné, la rénovation lourde est repoussée, et la priorité est donnée à un nouveau complexe ailleurs.
  • 2025 : le Maire par intérim se contente de changer le filet pour tenter de retenir des chutes de morceaux de plafond de la piscine qui continue à se dégrader. Un effondrement qui aurait pu être dramatique se produit, et le Maire par intérim explique qu’une solution provisoire serait juridiquement impossible et que l’activité ne serait pas « vitale », alors même que des diagnostics de 2022-2023 signalaient déjà une dégradation de la structure.

Ces éléments sont factuels et vérifiables. Ils proviennent de :

  • programmes électoraux,
  • décisions du maire,
  • comptes rendus de conseil municipal,
  • revues municipales,
  • articles de presse,
  • rapport d’expertise judiciaire.

Je vous invite à les lire vous-mêmes : ce sont vos équipements, vos impôts, vos enfants, vos clubs qui sont concernés.

À chacun ensuite de se faire sa propre opinion sur les choix qui ont été faits, les priorités fixées, et les conséquences que nous subissons aujourd’hui suite à la fermeture de la piscine du Palais du Travail jusqu’au moins le mois d’octobre 2026.